HINO Contessa Sprint
1. La naissance d'Hino
En 1935, une loi sur l'industrie automobile fermait les frontières du Japon aux
constructeurs automobiles américains Ford et Chevrolet, qui exportaient leur
production au pays du soleil levant depuis le milieu des années 20.
Cette limitation avait pour but d'une part de réduire le déficit commercial du Japon, d'autre part de favoriser l'éclosion d'une industrie nationale. Plusieurs constructeurs nationaux purent ainsi s'installer, parmi lesquels Toyota, Nissan,
Isuzu et Hino. La production était essentiellement axée vers les utilitaires et
poids lourds, les automobiles de tourisme étant alors totalement marginales.
2. Les accords avec Renault
Hino contribua au renouveau de l'économie japonaise après guerre, en construi-sant des poids lourds, autocars et autobus. Suite à des accords de licence entre
la Régie Renault et Hino, la petite 4 CV de Billancourt fut assemblée au Japon de 1953 à 1963.
Un nouveau modèle, la Contessa 900, complétait la gamme en 1959. Celle ci
s'inspirait largement de l'Alfa Romeo Giulietta pour l'esthétique générale.
Par contre, le mécanique était héritée de la 4 CV, et était comme sur la petite française installée en porte à faux arrière.
Hino était à la recherche d'une image de marque dans l'automobile qui lui faisait
défaut pour s'implanter à l'étranger. Les designers italiens avaient le vent en
poupe au début des années 60. Aussi, les dirigeants d'Hino s'adressèrent ils
à l'un d'entre eux, Michelotti, pour moderniser ses modèles.
3. Giovanni Michelotti
Giovanni Michelotti est né à Turin en 1921. Il débutait sa carrière sous la direc-
tion de Giovanni Farina (le frère de Pinin Farina) à l'usine Stabilimenti, qu'il inté-
grait à l'âge de 15 ans. Suite au renvoi de Pietro Frua, il fut nommé dessinateur
en chef à 16 ans !
En 1946, à la fin du conflit, Michelotti quittait Farina, et travaillait un an chez
Allemano avant de devenir styliste à son compte. Il officialisait son statut de
dessinateur indépendant en ouvrant son propre studio de style en 1949, et se
mit alors au service d'autres carrossiers tels Allemano, Ghia, Bertone, Viotti,
Osi ou Vignale.
La General Motors lui proposait au milieu des années 50 de prendre la direction
de son bureau de style. Il déclina cette offre, préférant exercer son art à
Turin avec ses confrères et amis carrossiers.
Sa créativité et sa vitesse d'exécution attirèrent l'attention de BMW et
Triumph en 1957. C'est ainsi qu'il fut le dessinateur attitré de ces deux cons-
tructeurs durant les années 60. On doit ainsi à Michelotti les carrosseries des
Triumph Herald, Spitfire, 2000, TR 4 / TR 5 et Stag, mais aussi de la série
des BMW 1500/1800.
En 1959, il fondait sa propre entreprise de carrosserie. Michelotti avait la
faculté de répondre à toutes les demandes, en s'adaptant aux diverses par-
ticularités formulées par ses clients. Ses dessins savaient être sobres ou
totalement baroques.
La dernière voiture à être sortie du vivant de Giovanni Michelotti décédé en
1980 était la Scimitar SS1 pour le constructeur britannique Reliant. Le studio
de design, dirigé par son fils Edgardo, cessait ses activités en 1992.
4. La Hino Contessa Sprint
Le carrossier italien habilla la Contessa 900 Sprint (un clin d'oeil appuyé à Alfa
Romeo) d'une élégante carrosserie de coupé aux formes très fuselées. La mé-canique fut retravaillée par Nardi, afin de lui donner un peu de souffle. Les 45
ch du moteur issu de la 4 CV Renault propulsait cette charmant automobile à 140 km/h. Les quelques unités produites en Italie ne quittèrent pas l'Europe.
EspecificaçõesCumps
Edited by: Umtali at: 27/10/07 23:50